VÉRONIQUE LEHMAN, L’AVOCATE DE PAUL BIYA

CAMEROUN : VERONIQUE LEHMAN, UNE FEMME POLITIQUE HUMANISTE QUI DEFEND SON PRÉSIDENT

 André Marie Mbida et Gregoire Owoma l’ont fortement inspiré dans sa carrière politique. Le premier pour la proximité avec sa famille lorsqu’elle était encore toute jeune et le deuxième pour son militantisme et son dévouement au sein du RDPC. Mais c’est surtout sa rencontre avec le président Paul Biya en 2013 qui va bousculer sa perception du Cameroun et conforter une carrière politique qu’elle avait déjà amorcé neuf ans plutôt. Militante convaincue, solide dans ses convictions, Madame Lehman a choisi d’apporter son expérience dans le développement du secteur sanitaire au Cameroun.

Une femme de caractère

 C’est dans son appartement de Corbeil en Essonne, à une cinquantaine de minute de Paris, que Véronique Lheman nous accueille avec un peu d’autorité suite à un retard de 15 minutes. « Si nous voulons changer le Cameroun, nous devons apprendre à être à l’heure » dit-elle. La suite du RDV nous montrera toutes les autres facettes du personnage, celles-là que les téléspectateurs des télévisions camerounaises ignorent peut-être. Sur le petit jardin à l’arrière de son appartement, elle affiche une grande sérénité alors qu’elle vient de perdre son père le 18 août dernier. Celui là même dira t-elle dans la suite de l’entretien qui l’a façonnée, qui lui a inculqué les valeurs qu’elle défend aujourd’hui. Vu la sobriété du cadre de l’entretien et le ton de l’émission « Regard Citoyens » Véronique Lehman a une voix plus posée que d’habitude, une gestuelle moins vivace et un rythme plus ou moins lent qui ne vont pas pourtant dissimuler sa stature de femme de caractère que l’on connait. Sur les plateaux de télévisions, dans des conférences, au travail et même au sein du Rassemblement du Peuple Camerounais (RPDC), le parti au pourvoir dirigé par le président Paul Biya, Véronique Nké Éyébé son nom de jeune fille, dit ce qu’elle pense, fait ce qui lui semble juste, défend ses arguments avec conviction et parle avec une liberté déconcertante.

Infatigable, combattante et dotée d’un sens aigu de la responsabilité, elle revient sur son parcours, la faillite de son père ancien directeur d’une grande banque qui s’est retrouvé du jour au lendemain au chômage. Cette épreuve, elle ne l’a jamais oublié et ne l’oubliera jamais. L’apport de la diaspora au développement du Cameroun, la double nationalité, la rentrée scolaire dans la zone anglophone, les femmes camerounaises en politique sont autant de sujets qu’elle abordera avec mesure et diplomatie.

Une femme humaniste

 Derrière ce caractère trempé, Véronique Lehman déborde d’énergie. Elle occupe le poste de directrice adjointe en charge de la gestion des crises au Groupe Hospitalier Nord-Essonne, délégué à la communication du RDPC, consultante dans plusieurs pays d’Afrique sur les crises sanitaires, promotrice du forum international de la santé dont la première édition a eu lieu en 2014, membre de plusieurs associations, elle ne manque jamais de temps pour s’occuper de ses deux enfants, encore moins du temps pour répondre aux invitations des médias pour défendre le président Paul Biya. Une chose est sûre, Véronique Lehman est coriace. La femme politique est habituée à encaisser les coups sans jamais lâcher prise mais qu’elle sait parfois en donner aussi. Elle a souvent essuyé des critiques de toutes parts par rapport à son soutien au président Paul Biya, mais elle reste droite dans ses bottes. Dans les victoires ou les défaites, face aux épreuves elle est toujours présente, toujours opiniâtre et surtout tenace.

Une femme énergique

 Pour cerner son humanisme profond, il faut replonger dans ses convictions politiques, partager des fragments de vie avec elle au travail ou en famille pour découvrir que Véronique Lehman est une véritable femme politique humaniste qui œuvre pour une société de valeurs. Valeurs sociales, valeurs culturelles, valeurs morales guident toutes ses actions. Toujours souriante, passionnée du bien être des autres, elle se déploie aujourd’hui entre la France ou elle vit et le Cameroun, son pays d’origine, ou elle élabore des projets sociaux dans le secteur de la santé. « Nous sommes tous d’abord camerounais et humains, la politique n’est pas la guerre ». Dit-elle en faisant allusion à la montée du tribalisme sur les réseaux sociaux au Cameroun. Elle qui est « Eton » une ethnie du centre Cameroun et qui a épousé un « Bassa » ne comprend pas pourquoi le dialogue peut-être mis à mal dans une nation où les Hommes devraient se parler avec respect.

Véronique Lehman et sa fille Sharon

Un parcours tumultueux

Aujourd’hui, Véronique Lheman parle avec joie de ses deux enfants. Sa fille Charon de 20 ans qui fait les études de communication à Londres et son garçon Fil Oscar de 18 ans qui vient de passer son Baccalauréat. Si elle est s’est frayé un chemin pour y parvenir, ce n’est certainement pas du à ses origines de fille de banquier camerounais. En 1990, son père Alexandre Éyébé qui dirigeait la BIAO (Banque Internationale d’Afrique de l’Ouest) est brutalement relevé de ses fonctions et la famille se retrouve sans abri. Commence alors une vie de combat. Elle parvient à obtenir une Licence en Droit et viendra poursuivre ses études en France en 1993 où elle fait la connaissance du Gentleman Lehman. Elle refuse dans un premier temps de vivre en France et rentre au Cameroun, le destin la ramènera un an plus tard pour rentrer à École des hautes études en santé publique de Rennes une branche de l’ENA qui forme les administrateurs de santé. Seule noire de sa promotion, elle obtient son diplôme en 2004. Aujourd’hui Madame Lehman est une personnalité connue en tant que délégué à la communication de la section RDPC France Nord, un parti dans lequel elle milite depuis 23 ans. Épine dorsale de la famille depuis sa tendre jeunesse, elle a toujours pris soins de son père et de sa famille elle ne qui sont fier d’avoir eu une sœur et une enfant qui a su relever la famille dans les moments difficiles nous confit-elle.

Une militante convaincue qui défend son président Paul Biya

 « En politique, celui qui croit est un atout précieux disait » disait Sibet Ndiaye. Véronique Lehman est sans doute un précieux atout pour le RDPC et surtout pour Paul Biya parce qu’elle y croit et le fait savoir à qui veut l’entendre. Depuis sa rencontre avec ce dernier, elle ne cesse de clamer haut et fort la transformation qui s’est opérée en elle, son dévouement et la défense de son bilan. « J’avais de la colère contre lui, mais les quelques fois que je l’ai rencontré, j’ai vu un homme humble qui n’aime pas le confort. Je pense qu’il a toujours été mal entouré, le président Paul Biya n’aime pas des biens matériels, il a gardé son éducation familiale ». Elle est convaincue que Paul Biya a toujours été un homme doté d’une vision pour le Cameroun, qui a eu la malchance d’être entouré par des collaborateurs qui ne pensent qu’à leurs intérêts personnels. « Le président est pris en otage par un groupuscule de personnes ». Malgré tout, elle reste convaincue qu’un jour la bonne volonté de Paul Biya vaincra sur ceux là qui pillent les biens publics.

Véronique Lehman et ses camardes de la section RDCP France Nord

Une citoyenne avant tout !

 Lorsqu’il s’agit des questions majeures comme la crise anglophone, le tribalisme, la double nationalité ou encore les actions de la diaspora en Suisse lors du séjour de Paul Biya à Genève, Véronique Lehman devient une citoyenne qui s’exprime avec vigueur. Elle reconnaît que tout n’est pas rose. Elle critique, fustige l’échec du dialogue dans la zone anglophone et pense que le président Paul Biya devrait s’y rendre pour calmer les tensions. Des tensions qu’elle redoute suite à la condamnation du leader sécessionniste Ayuk Tabé. De même qu’elle souhaite l’adoption de la double nationalité par le gouvernement. Elle pense que le président Paul Biya prend trop de temps avant de prendre une décision, ce qui ne facilite pas selon elle la prise de sanctions contres ceux qui détournent le trésor public. Elle n’hésite pas à faire des suggestions autour d’un dialogue qui permette de redéfinir le contrat social, l’accélération de la décentralisation adaptée à chaque région, avec un vrai transfert des pouvoirs. Il faudrait, selon Madame Lehman, privilégier la bonne gouvernance et la justice sociale. En un mot, mobiliser l’intelligence collective de manière différente, afin que la politique ne soit plus vécue de manière froide et injuste.

Tara Magazine

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *