SOUDAN : LES GÉNÉRAUX ACCEPTENT DE PASSER PROGRESSIVEMENT LE POUVOIR AUX CIVILS.

Ce samedi 17 août est certainement un jour historique pour le Soudan du nord. Après 30 ans de règne d’un régime autoritaire, la destitution d’Oumar El Béchir le 11 avril, huit mois de mobilisation et environ 250 morts, la transition politique tant réclamée par le peuple se met progressivement en place.

Le calendrier mis en place le 05 août dernier se précise ce 17 août avec la signature d’un accord formel entre la coalition des Forces de la liberté et du changement (FFC), et les généraux de l’armée réunis au sein du Conseil militaire de transition (TMC). Les deux parties se sont accordés sur les termes d’une nouvelle organisation politique pour diriger le pays Samedi 17 août, les deux parties ont signé un épais document relié de vert, formalisant le passage à l’après-dictature. Cette « déclaration constitutionnelle » de vingt pages remplace la Constitution en vigueur et organise, dans le détail, les institutions pour une transition de trente-neuf mois.

Plusieurs personnalités étaient présentes à cette cérémonie retransmise en directe à la télévision nationale. Entre autre, le président Idriss Deby du Tchad, le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed et le président de la commission de l’Union Africaine Moussa Faki. La suite du calendrier prévoit la nomination des membres du Conseil souverain le 18 août, celle du premier ministre le 20 août et les membres du gouvernement le 28 août si l’on s’en tient aux propos de Monzer Abou al-Maali du 05 août à l’AFP. La première réunion entre le Conseil souverain et le gouvernement aura lieu le 1er septembre.

Même si cela semble encore fragile, plusieurs leaders de la contestation célèbrent déjà la victoire de la démocratie et l’entré du Soudan dans une nouvelle ère. Les titres de plusieurs journaux soudanais parlent d’une transition historique en souvenirs de plusieurs années de dictatures du président Oumar El Béchir, qui a continué à diriger le pays malgré le mandat d’arrêt de la CPI.

Les Soudanais ont manifesté leur joie en dansant à Omdourman, ville voisine de Khartoum, et des dizaines d’autres ont scandé “ce pays est le notre et le gouvernement est civil“, à Khartoum. Reste à espérer que la transition progressive du pouvoir des militaires aux civils tel que stipule l’accord soit effective pour les 21 mois à venir.

Rappelons que le mouvement de protestation était né le 19 décembre quand des milliers de Soudanais étaient descendus dans les rues pour protester contre le triplement du prix du pain. Les manifestations s’étaient rapidement transformées en contestation du pouvoir d’Omar el-Béchir.  Elles ont continué après le départ de ce dernier pour réclamer aux militaires ayant pris le pouvoir de le transférer à des civils. Plus de 250 personnes sont mortes lors de la répression des manifestations, dont au moins 127 lors de la dispersion le 3 juin d’un sit-in devant le siège de l’armée à Khartoum, selon un comité de médecins proche des protestataires.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *