PRIX GONCOURT : UNE CAMEROUNAISE DANS LA COURSE

Surprise peut-être, mais c’est le fruit de dur labeur qui a conduit Djaili Amadou Amal à la sélection du prix Goncourt qui se tiendra en Novembre 2O2O en France.
Avec son roman « les impatientes », qui traite des questions de mariage forcé, viol conjugal, et de la polygamie à travers le destin de trois femmes, elle a pu conquérir le cœur des juristes en faisant l’unanimité et s’est ainsi jetée dans la course u prix littéraire qui récompense les meilleurs ouvrages d’ auteurs d’ expression française.
Agée de 45ans, Djaili Amadou Amal est originaire de l’Extrême-Nord Cameroun. Une région ou les femmes font face à de nombreuses injustices sociales très souvent liées aux traditions et coutumes. Elle-même ayant été une victime, ses romans sont en quelque sorte le reflet de son vécu et de celui de nombreuses autres femmes dans le Sahel.
Des marches, elle en a gravies. D’ abord « Walande », l’art de partager un mari, paru en 2010 aux éditions Ifrikiya à Yaoundé. L’histoire est celle de 4femmes vivant dans une concession et qui ne font qu’attendre leur tour auprès de leur époux. « Sa Protégée » qui a connu un succès fulgurant au Cameroun et qui a fait le Salon du Livre de Paris en 2012.
2013, à travers « la mangeuse d’âmes », elle peint la sorcellerie et la tradition de manière négative.
2017, « les larmes de la patience, ed. Proximité Yaoundé.
2019, elle reçoit le prix Orange du livre en Afrique avec « Munyal » qui signifie Supporte, Soumets-toi, et qui parle de mariage forcé.
Dans toutes ses parutions, Djaili Amadou Amal, s’intéresse majoritairement au Sahel et dénonce toutes les souffrances que peuvent infliger certaines traditions à l’agente féminine. C’est le récit de beaucoup d’émotions, ce qui fait sa particularité.
Toutefois, tenez-vous bien tranquilles, la romancière utilise toujours les mots Peuls dans son vocabulaire, une preuve de son attachement et de son amour profond pour sa région bien qu’en restant très critique face aux fonctionnements et aux pratiques des traditions de ce côté.
Présidente de l’association pour l’éducation des filles de sa région, et soutenue par des entreprises nationales et les ambassades des Etats-Unis et France, aussi mère de deux filles qu’elle a su protégées, dont l’une Juriste et l’autre Psychologue, Djaili Amadou Amal peut se réjouir du combat mené à travers ses écrits notamment dans le Sahel même si le chemin est encore long.

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