Michel Thierry Atangana lève la tête

Après 17 ans de prison au Cameroun, le franco-camerounais Michel Thierry Atangana continue le combat de sa réhabilitation avec l’aide des députés français.

 

Depuis sa libération le 20 février 2014 suite à une grâce du président Paul Biya, Michel Thierry Atangana n’a pas baissé les bras. Cela fait cinq ans déjà, qu’il mène le combat pour sa réhabilitation au sein de l’association « Michel Thierry Atangana ». Avec le soutien des députés français, ils ont créé un atelier de réflexion sur la protection des français emprisonnés à l’étranger.  Officiellement condamnépour avoir détourné des fonds dans un procès express, Michel Atangana a passé17 années de sa vieau Secrétariat d’État à la Défense (SED), dans une cellule de 7m2, dans l’anonymat total et sans contact avec ses avocats. La France quant à elle restera silencieuse au nom de la noningérence et de sa double nationalité. Il fallut 15 ans pour qu’enfin l’ambassadeur de France au Cameroun, Bruno Gain, se saisisse du dossier appuyé quelques temps après par la saisine du groupe de travail sur la détention arbitraire des Nations unies. Libéré en 2014, M. Atangana est toujours reconnu coupable de corruption à Yaoundéé. Aussi, il n’a bénéficié d’aucune réhabilitation ni de compensation financière alors que ses comptes bancaires sont bloqués.

Aujourd’hui, le cas de cet expert financier, Franco-camerounais inspire les députés français. Comment offrir une meilleure protection aux Français emprisonnés à l’étranger ? C’est dans l’optique de trouver des pistes de réflexion sur sa réhabilitation et sur la protection des 3 millions de français à l’étranger qu’un atelier de réflexion animé par des députés français et les membres de l’association Michel Thierry Atangana s’est tenu à la salle Colbert de l’Assemblée nationale française le mardi 2 avril et le vendredi 19 avril 2019. Les intervenants précisent que M. Atangana n’est pas dans une sorte de vengeance ni contre l’État camerounais ni contre la France il a juste besoin de réhabilitation et d’une indemnisation afin de mener une vie normale car bien queM. Atangana aitété libéré, il n’est pas encore libre.

 Le combat pour sa libération fut long. De l’abnégation de l’ambassadeur de France au Cameroun,M. Bruno Gain, au combat collectif de ses avocats, les députés Aude Amadou, Olivier Falorni, Anne Genetet et Pierre-Alain Raphan,Ces derniers sont revenus sur le caractère arbitraire de son arrestation, les mauvaises conditions de sa détention et la complexité sur la notion de double nationalité et de non-ingérence. Au sortir de ces travaux, une proposition de loi en construction doit être prochainement déposée à l’Assemblée nationale française.

Côté camerounais, Me Makon, l’un de ses avocats invité pour l’occasion reviendra sur les 13 dates clés du parcours deM. Atangana dont les plus significatives sont  le 8 juillet 1974 quand Paul Biya le désigne à la tête d’un consortium franco camerounais pour réhabiliter les routes, le 12 mai 1997 il est interpellé sans mandat d’arrêt, le 3 octobre 1997 il est emprisonné à 15 ans de prison, le 20 février 2014 il est libéré à la suite d’un décret du président Paul Biya et le 28 novembre 2016, le groupe de travail des Nations Unies rend son verdict  et recommande  de faire une enquête, de sanctionner les coupables et d’indemniser Michel Thierry Atangana. Me Makon préconise que la France écrive une lettre officielle au Cameroun demandant l’accompagnement du dossier de M. Atangana dans le processus de sa réhabilitation et de son indemnisation.

Anne Genter, la députée des français de l’étranger et Zakia Mortreau l’une des organisatrice de l’atelier de réflexion rappellele cas de Michel Thierry Atangana et soulève la question les notions flouesde double nationalité et de non-ingérence. Face à des situations comme celle de M. Atangana, les Etats se cachent derrière lanoningérence dans les affaires internes d’un autre Etat. Ce faisant beaucoup de personnes à travers le monde soufrent d’injustice, plusieurs arrestations arbitraires ayant des mobiles politiques sont faites dans les pays qui ne respectent pas les droits de l’homme mais les grandes puissances ferment les yeux au nom de la non – ingérence. Certains citoyens français ayant la double nationalité comme M. Atangana sont abandonnés par l’Etat. On peut donc espérer que la loi en préparation permettra de lever le verrou de la souveraineté pour protéger les français de l’étranger. Mais en attendant, l’association Michel Atangana va continuer à travailler pour prévenir et informer sur les mécanismes internationaux de défense tout en accompagnant M. Atangana dans sa réhabilitation.

 

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