GHANA : UN PILIER DU PANAFRICANISME S’EN EST ALLE

En hommage, les drapeaux seront mis en berne dans tout le Ghana, pour un deuil national qui débute ce vendredi et durera sept jours. Aussi, la campagne pour l’élection présidentielle qui doit se tenir en décembre prochain, est également suspendue, a précisé dans un communiqué ce jeudi 12novembre, l’actuel chef de l’État Nana Akufo-Addo.

C’est une perte énorme pour le Ghana qu’il a dirigé pendant près de 20ans, et même pour l’Afrique avec ses défenses sur le panafricanisme. Jerry John Rawlings, l’une des figures les plus charismatiques de l’Afrique contemporaine, et ancien président du Ghana, décède à l’âge de 73ans de suite de maladie dans un hôpital à Accra ou il y était interné depuis une semaine.
Né le 22 juin 1947 à Accra d’un père écossais et d’une mère ghanéenne, Jerry John Rawlings entre à l’académie militaire en 1967. Un an plus tard, il y quitte pour entrer dans l’armée de l’air, où il excelle comme pilote.
Il se fait connaitre tout d’abord sous l’image d’un jeune “révolutionnaire intègre”, s’emparant du pouvoir à deux reprises 32 ans puis 34, alliant un physique à la Che Guevara à un discours national-populiste et une filiation politique “progressiste”.
En 1981, il devient chef du “Conseil national provisoire de défense”. Pendant onze ans, il dirige un régime qui ne s’embarrasse pas des droits de l’Homme, avant de devoir céder au début des années 1990 à la vague du multipartisme.
Le pouvoir son affaire, en fin 1992, il est élu président de la IVe République du Ghana, avec plus de 58 % des suffrages à l’issue d’un scrutin démocratique, terni par des accusations de fraudes.
En 1996 il est réélu dès le premier tour, dans une élection considérée comme transparente. Et après 19 ans et sept mois au pouvoir, il tire sa révérence en 2000 avec l’élection de John Kufuor, candidat du parti d’opposition à l’époque, à la tête de l’ancienne colonie britannique.
Sur le plan économique, Rawlings le “révolutionnaire” avait pris conscience, dès son arrivée au pouvoir, que pour relancer son pays, les “capitalistes” occidentaux lui offraient plus de garanties que les “socialistes” de l’est vers lesquels penchaient initialement ses sympathies.

En 1982, le Ghana devient le premier pays d’Afrique à mettre en œuvre un plan d’ajustement structurel. Mais à la fin de son mandat, la situation s’est fortement dégradée, et la crise monétaire et sociale contribue à l’élection, en 2000, à la tête du pays, du candidat de l’opposition John Kufuor.

En 2000, il quitte le pouvoir après avoir été élu à deux reprises.

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