CAMEROUN : ENCORE DEUX SEMAINES POUR S’INSCRIRE SUR LES LISTES ÉLECTORALES.

Le compte à rebours a commencé pour l’inscription sur les listes électorales au Cameroun. Partis politiques, associations et candidats s’activent pour mobiliser les citoyens qui trainent encore le pas.

Le 31 août prochain l’organe en charge des élections ELECAM va clôturer la phase 2019 des inscriptions sur les listes électorales. L’opération lancée le 2 janvier dernier a connu l’implication de plusieurs mouvement associatifs,   des partis politiques, des leaders d’opinion et surtout de nombreux jeunes réunis au sein du Mouvement 11 millions de citoyens qui ont lancé « l’opération ouragan » et qui sont pour la plupart des potentiels candidats aux élections législatives et municipales de février 2020. Les derniers chiffres d’ELACAM montrent qu’il y a une nette progression du nombre d’inscription mais cela reste très bas par rapport aux 14 millions d’électeurs potentiels que compte le Cameroun. Pourtant ce ne sont pas les initiatives de sensibilisation et de mobilisation des citoyens qui manquent.

Malgré une avancée timide, il faut sensibiliser et mobiliser d’avantage

C’est l’intime conviction de Cabral Libii qui a lancé l’opération « ouragan » depuis plusieurs mois, le président du PCRN (Parti Camerounais de la Réconciliation Nationale) accompagné et soutenu par des milliers de jeunes, sillonnent les villes et villages du Cameroun, font du porte à porte et sollicitent les équipes d’ELACAM pour inscrire les camerounais sur les listes électorales. À quelques jours de la clôture des inscriptions il a été rejoint pas Serge Espoir Matomba le président du PURS (Peuple Uni pour la Rénovation Sociale). Ensemble, ils ont décidé d’unir leurs forces pour mobiliser d’avantage avant le 31 août 2019, convaincus que le changement viendra du peuple et que le nombres d’électeurs sera déterminant pour rendre les prochaines élections crédibles. Malgré ce travail acharné depuis des mois, de nombreux citoyens trainent le pas d’autres ne trouvent aucun intérêt à s’inscrire. Les jeunes volontaires ne se découragent pas, ils espèrent à un sursaut d’orgueil à la dernière minute.

Pourquoi les électeurs ne s’inscrivent pas massivement ?

La question mérite d’être posée encore et encore car sur les 14 millions de personnes en âge de voter au Cameroun, seuls 7 millions sont déjà inscrits et à peine 4 millions ont réellement voté lors de la dernière élection présidentielle. Pourtant, certains acteurs politiques comme Cabral Libii s’accordent à dire que seul l’inscription sur les listes, le vote et la surveillance du vote constituent la seule possibilité de changer de système au Cameroun. Une conviction que ne partagent pas beaucoup de camerounais qui pensent qu’il ne sert à rien de s’inscrire sur les listes tant que le code électoral est taillé sur mesure et que les élections seront toujours entachées de fraude massive. D’autres, un peu plus âgés, ne voient plus l’intérêt du vote puisqu’ils ont voté par le passé sans voir une once de changement. Avec ou sans leurs votes, rien ne changera et le parti au pouvoir sera toujours vainqueur.

Dans l’arrière pays, les raisons d’abstention sont diverses. Le manque de moyens des équipes d’Élecam concernant les moyens transports avec des machines qui tombent souvent en panne. Beaucoup de camerounais ne possèdent pas de carte nationalité d’identité. Ils doivent parfois parcourir des dizaines de kilomètres pour trouver le lieu d’établissement des cartes. Cela revient parfois à réunir des sommes d’argent importantes (20000 FCFA (environ 30 euros), somme que la populations rurale ne possède pas. Même après le lancement de l’opération d’établissement gratuite des actes de naissance par l’État, la mobilisation reste faible. D’autres ne possèdent pas un acte de naissance. Une pièce pourtant que tout citoyen devrait avoir dès sa naissance. D’autres raisons plus politiques expliquent la résistance des citoyens à s’inscrire sur les listes électorales. L’intimidation des élites avides de pouvoir et de gloire qui demandent aux employés d’ELECAM de ne pas travailler avec d’autres partis politiques, sans compter le zèle de certains sous-préfet qui

Les camerounais attendent la dernière minute

Pendant que les leaders et de nombreux volontaires s’activent sur le terrain, sur des plateaux de télévisions et dans les réseaux sociaux, les citoyens semblent sourds tant au discours du pouvoir que celui de l’opposition. Ils sont nombreux à attendre toujours la dernière minute pour se bousculer devant les guichets d’ÉLECAM nous confie un jeune volontaire de Yaoundé. De ce fait, les dernières semaines des inscriptions sont souvent chargées comme d’habitude pour les équipes d’Elections Cameroon. Mieux vaut tard que jamais pour ceux qui ne sont pas encore inscrits. Ils ont encore quelques jours devant eux pour accomplir ce geste noble et décisif du vote pour les élections législatives et municipales de février 2020.

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