CAMEROUN – CHINE – RUSSIE : Dix-sept marins chinois et ukrainiens kidnappés au large du golf de Guinée au Cameroun

 Il s’agit probablement des pirates nigérians qui ont l’habitude d’opérer dans la zone du golfe de Guinée contre rançon, affirme un responsable des autorités maritimes camerounaises.

Le golfe de Guinée est réputé dangereux avec les attaques récurrentes des pirates nigérians. La présence et l’efficacité des forces maritimes camerounaises n’ont pas suffi pour dissuader les pirates qui ont attaqué deux navires commerciaux, dont un porte-conteneurs, au large de Douala, le grand port de ce pays frontalier du Nigeria. L’une des attaques s’est soldée par le kidnapping de «neuf marins civils chinois», la seconde par l’enlèvement de 8 Ukrainiens, selon un responsable des forces maritimes qui a parlé sous anonymat les deux bateaux étaient «au mouillage» au large de Douala, a précisé à l’AFP à Kuala Lumpur Noel Choong, chef du centre d’information sur la piraterie du Bureau Maritime International (BMI), basé dans la capitale malaisienne.

Les attaques ont été perpétrées «à quelques heures d’intervalle l’une de l’autre». La première a visé un «navire polyvalent appartenant à une société allemande» et battant pavillon d’Antigua-et-Barbuda, selon Noel Choong. «Huit personnes ont été enlevées sur un équipage de 12 marins asiatiques et européens», a-t-il précisé. La seconde cible des pirates était un vraquier battant pavillon libérien et appartenant à un armateur grec, a poursuivi Noel Choong, ajoutant: «Il y avait 21 personnes à bord, tous des Asiatique, neuf ont été enlevés». «Le BMI a émis un message d’alerte à tous les navires mouillant à Douala, leur demandant de redoubler de précautions», a-t-il conclu.

À Moscou, le ministère des Affaires étrangères a assuré dans un communiqué cité par les agences de presse que trois des marins kidnappés étaient de nationalité russe. De nombreux Ukrainiens possèdent également la citoyenneté russe. Après les enlèvements, des recherches ont été lancées, à partir de Douala et Cotonou notamment, selon l’une des sources camerounaises.

72% des enlèvements et 92% des prises d’otages en mer recensés par le BMI dans le monde ont lieu dans le golfe de Guinée, notamment au large du Nigeria, de la Guinée, du Togo, du Bénin et du Cameroun. Dans la plupart des cas, ce sont des pirates nigérians qui attaquent les navires et enlèvent des marins dans le but d’obtenir des rançons contre leur libération. Ces dernières années, le golfe de Guinée est devenu l’épicentre de la piraterie maritime mondiale. En 2018, cette zone, où les attaques ont plus que doublé par rapport à 2017, concentrait l’essentiel des actes de piraterie, selon le BMI: les six navires détournés dans le monde l’ont été dans le golfe de Guinée, ainsi que 13 cas de tirs sur des bateaux sur 18 et la vaste majorité des kidnappings contre rançons.

Il y a une semaine, des marins turcs enlevés au large du Nigeria mi-juillet, ont été libérés. Leur cargo, battant pavillon turc, naviguait à vide entre Douala et Abidjan lorsqu’il avait été attaqué par «des pirates», selon les autorités turques. Le 9 août, les neuf marins ont été libérés, «en bonne santé», avait rapporté l’agence de presse étatique turque Anadolu, sans précisions au sujet de leurs kidnappeurs et du versement d’une éventuelle rançon. La piraterie dans le Golfe d’Aden, notamment au large de la Somalie, spectaculaire au début des années 2000, a considérablement diminué en raison du déploiement d’une armada militaire internationale.

 

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