À PARTIR DU 10 OCTOBRE, VISITER L’OEUVRE DE L’ARTISTE MALIEN SEYDOU CISSÉ À LA COLLECTION LAMBERT À AVIGNON

 

En prélude à la grande exposition «  VIVA VILA ! La fin des forêts », qui aura lieu du 10 octobre au 11 novembre 2019 à la Collection Lambert à Avignon, Tara Magazine vous présente quelques créations originales de l’artiste plasticien malien Seydou Cissé.

La matière et la lumière nourrissent l’esprit

Les aïeux regardent l’avenir. C’est le titre formulé par le critique d’art et chorégraphe Daniel Dobbels pour désigner l’essence et la substance du travail de l’artiste plasticien malien Seydou Cissé. Dans chacune de ses créations, il nous projette vers un monde animé, harmonieux, paisible, coloré et réaliste et parfois énigmatique. Dans ce monde où la technologie est mise à contribution pour sophistiquer le spirituel africain et l’accommoder au temps, on peut voir les choses bouger par elles mêmes ! Les pierres, le vent, on se trouve à l’intérieur d’une case Dogon encerclée par des hommes qui portent des masques, une foule de femme qui chante et danse pour célébrer les ancêtres. Les émotions nous envahissent face à une vague géante qui fonce vers nous et brusquement tout devient noir. Vous êtes dans le monde de la communion, celui des esprits, de la croyance où matière et lumière nourrissent l’esprit.

Il existe un monde parallèle au nôtre. Certains y croient d’autres un peu moins ou pas du tout ! Ce monde parallèle semble insaisissable et inaccessible. Seydou Cissé a choisi de l’explorer, de l’expérimenter et le partager. Il documente les cultures et traditions africaines à travers l’usage des nouvelles technologies. Les choses communiquent entre elles et avec les hommes. La cohabitation des univers, des croyances géographiquement et historiquement éloignées inspire l’artiste depuis sa tendre jeunesse à Mopti au centre du Mali où il est né. Il a été bercé par des rituels et des traditions Dogons.

Il a poursuivi son parcours d’artiste plasticien du conservatoire de Bamako et aux studios d’arts contemporain du Fresnoy en France. Il vient d’achever une année à la résidence Casa Velasquez à l ‘Académie Française de Madrid, couronnée par une exposition dédiée aux migrants « Ladjoni ». Dans son périple professionnel et artistique jalonné de plusieurs expositions et résidences à travers le monde, les croyances qui ont nourri son imaginaire restent vivace et constituent une source de création inépuisable. L’artiste suit de près les transformations technologiques qui bousculent les certitudes culturelles de son pays, ses toiles, ses installations et ses films dévoilent la résilience des croyances face à la transformation technologique. Des dogons aux Touaregs en passants par les Peuls et les Khassonké, il y a une pluralité d’ethnies et une infinité de croyances, de traditions et de rituels qui doivent s’adapter à la modernité. Et à l’opposé, les objets modernes : téléphones portables, ordinateurs, tablettes, Smartphones etc. deviennent les moteurs de la transmission et de la communication spirituelle. L’artiste les met en relation par la transformation de plusieurs matières allant de la simple texture de paille à une métamorphose de l’espace visuel par les couleurs et la lumière. Le travail de Seydou consiste à montrer que les sciences occultes, les mythes et les traditions de son pays et les nouvelles technologies se nourrissent mutuellement. En regardant Toguna, Dja Kala, Ba Dala ou Taamaden vous aurez la sensation de vous évader ou de voyager à travers votre esprit. Vous allez ressentir une harmonie rare surtout en face ou au milieu de ses installations qui vous enveloppe de couleurs et de lumière. Tout comme en regardant son film Faraw ka Tama (le voyage des pierres) fidèle à sa démarche artistique : là une meute de cailloux se déplace au moindre coup de fouet magique d’un enfant de 10 ans pour raconter le mystère qui entoure la construction du pont de Markala. De la peinture animée, vidéo, images réelles, animation 2 et 3D, composition, juxtaposition Seydou Cissé met tout son talent pour nous faire pénétrer dans son univers lumineux.

Nous vous invitons à visiter une grande exposition « Viva Villa ! La fin des forêt » à Avignon du 11 octobre au 10 novembre 2019 à la collection Lambert. Elle présentera les travaux d’une cinquantaine d’artistes plasticiens, musiciens, graphistes, designers, cinéastes, écrivains, historiens d’art, inspirés par leurs séjours dans les résidences de Casa de Velasquez, Villa Kujoyama et Villa Medicis de Rome. En contrepoint, du 11 octobre au 16 octobre, un programme de performances, concerts, lectures, films, rencontres, viendra rythmer le lancement du festival. Cette édition sera également l’occasion d’organiser en Avignon des temps de rencontres professionnelles avec les institutions fondatrices de Viva Villa !, leurs partenaires et tutelles, les résidences d’artistes de la Région Sud, les grandes institutions de cette dernière ainsi qu’une séance plénière décentralisée de l’Académie des beaux-arts.

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