POURQUOI LES NOIRS ATTAQUENT D’AUTRES NOIRS (ÉTRANGERS)?

AFRIQUE DU SUD : POURQUOI LES NOIRS ATTAQUENT D’AUTRES NOIRS (ÉTRANGERS)?

Le Médecin camerounais Roger Étoa revient à la charge après une première sortie sur tara Magazine qui a suscité de nombreuses réactions sur la toile.

 POURQUOI LES NOIRS ATTAQUENT D’AUTRES NOIRS (ÉTRANGERS)?

Hier j’ai vous expliquais que les inégalités sociales sont la cause principale des violences en Afrique du Sud de ces derniers temps. Et beaucoup m’ont alors posé la question de savoir: Mais pourquoi les noirs s’attaquent aux autres noirs (en ignorant “l’oppresseur” blanc)? Cette interrogation compréhensible trouve réponse grâce à deux principales explications :

… PARCE QUE LES NOIRS NE PEUVENT PAS S’ATTAQUER AUX BLANCS MÊME S’ILS LE VOULAIENT…

L’Afrique du Sud après Apartheid, donne de loin grâce aux médias, l’image d’un pays mixte et réconcilié. C’est d’ailleurs pour cela qu’on l’appele la “nation Arc-en-ciel”. Mais dans les faits, il y a une profonde nuance. Les différentes communautés (blanche, noire, métisse, indienne et autres) vivent quasiment chacune cloisonnée entre elles-mêmes comme de l’huile et de l’eau qui ne fusionne pas dans un même récipient. Les mariages interraciaux sont quasiment inexistants. Chacun vit de son côté avec sa communauté. Quelques exceptions existent. Quand un noir a réussi économiquement, il peut être autorisé après de grands efforts à intégrer les zones de résidence blanches. Les noirs qui ont pu trouver un emploi dans les zones de résidence blanche peuvent s’y rendre en journée, mais le soir venu, rentrent grâce à un efficace système de transport en commun, dormir et retrouver leurs congénères noirs dans leurs ghettos. Les blancs ne vivent pas à côté des noirs. Ils ne s’y rendent que dans le site touristique ultrasecurisé du secteur de Soweto ou est sont situés les maisons historiques et transformées en musée de Nelson Mandela, Winnie Mandela ou de Desmond Tutu. D’ailleurs, même l’ancien centre ville de Johannesburg où résidaient les blancs a été complètement déserté par eux à la fin de l’apartheid quand les premiers noirs ont commencé à s’y installer. Ils sont aller créer d’autres quartiers ont ils vivent en quiétude dans une haute sécurité. Quand vous visitez la maison d’un blanc en Afrique du Sud, vous croyez que vous entrez dans un véritable bunker! Hautes barrières avec fils barbelés électriques, barrières ouvrables avec des codes magnétiques ou biométriques, multiples gardiens, chiens de type berger allemands ou autres molosses, etc… Des systèmes d’alerte et de domotique équipent le reste de la maison. Il en est de même pour les lieux de travail ou économique appartenant aux blancs. Pour couronner le tout, les patrouilles de police sont omniprésentes dans les quartiers de résidence huppées ou résident majoritairement les blancs.
Par conséquent, tout le bas peuple noir qui souffre de la cruelle misère est cantonné dans les townships et ne peut s’approcher des blancs même pour une simple marche de protestation !

… ET DU SYNDROME DE “L’AVANT DERNIÈRE PLACE”…

L’apartheid a fait plus de dégâts psychologiques que les gens ne l’imaginent. Ce système inique et d’une animalière cruauté a réussi vampirisé les noirs Sud africains de leur humanité pour au moins 400 ans! Et ce quelque soit les gouvernements noirs qui se succèdent dans ce pays.
La plus grande réussite de penseurs du projet de l’apartheid, est que ses effets puissent subsister bien après son abolition officielle. L’un de ces effets est justement le “Syndrome de l’avant-dernière place”.
C’est un syndrome qui été étudié pour la 1ere fois dans les comportement électoraux des personnes pauvres par le sociologue Michael Behrent dans le livre intitulé “Pourquoi les pauvres votent-ils contre leurs intérêts?” On y explique pourquoi des personnes opprimées (exemple la communauté latino aux USA) pouvaient voter pour leurs oppresseurs (Parti républicain) juste pour qu’ils gardent l’avant dernière place et non la dernière place (occupée par les noirs américains).

Ce syndrome peut également être étudié dans le comportement xénophobe actuel des noirs Sud africains. Pourquoi?
Au lancement de l’apartheid, on a hiérarchisé les humains dans la société sud-africaine: Au dessus il y a les blancs, ensuite les indiens et asiatiques, ensuite la communauté métisse (créée avant l’apartheid) et enfin les noirs. A la fin de l’apartheid, l’Afrique du Sud, cet ancien pays fermé au monde a connu un début d’immigration des étrangers attiré par la prospérité économique. D’abord ceux des pays de l’Afrique australe comme le Zimbabwe, Zambie, Lesotho et ensuite ceux des autres régions de l’Afrique (Congo, Gabon, Cameroun, Nigeria,etc…). Les noirs sud-africains se sont dit que ayant payé le lourd tribut de l’apartheid, ces autres noirs qui venaient des autres pays africains devaient passer en dernier et eux ils récuperaient enfin l’avant dernière place détenue par la communauté métisse! Surtout qu’on leur a fait croire que la fin de l’apartheid signifiait l’entrée dans le jardin d’Eden avec plein d’avantages sociaux!

Malheureusement, étant restés longtemps sans un système éducatif et de formation professionnelle adéquat et élèvés pendant longtemps comme des sous hommes, ils étaient mal préparés à la compétitivité économique et professionnelle par rapport aux reste des habitants de l’Afrique libre qui leur dament le pion sur le marché économique dans leur propre pays! Le spectre de la dernière place ressurgit donc évidement. Les noirs sud-africains se plaignent que les autres noirs africains leur volent leurs emplois, mais à la réalité, ils ont peur que les autres noirs africains leur volent leur avant dernière place dans la société sud-africaine! Ils ne se plaignent même pas des blancs car ils savent cette première place inaccessible. Leur congénères noirs africains resteront leur exutoire pendant longtemps, du moins tant que l’économie du pays va mal et surtout tant que le système éducatif, de formation professionnelle de réarmement mental ne leur permet pas d’être compétitif sur le marché économique et surtout qui ne leur permet pas de se “rehumaniser”.

Ce n’est pas de si tôt que ça arrivera, puisque les hommes politiques noirs au pouvoir, eux mêmes ayant subi l’apartheid sont plus concentrés vers l’enrichissement personnel comme pour rattraper le temps perdu. Le sort des populations noires relèvent pour eux du fatalisme et sont donc assez complaisants vis à vis des attaques xénophobes parce que ça leur donne du répit pour masquer encore pendant longtemps leur incompétence, leur lâcheté, leur trahison et leur abandon de la lutte pour l’égalité raciale.

Roger Etoa

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *